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Baparapeï : l’eau les a divisés, COSO les a réconciliés

Il y a des conflits qui ne font pas la une des journaux, mais qui génèrent une tension sourde, permanente, brisant les liens et abîmant le tissu social d’une communauté jour après jour. À Baparapeï, cette tension avait un nom : l’eau, ou plutôt l’absence d’eau… A Baparapei commune de Ouaké, l’eau était bien plus qu’un produit de luxe. Les hommes se disputaient tant le précieux liquide était inacessible. «Avant, les éleveurs et leurs troupeaux envahissaient le puits improbable qui alimentait le village. Les agriculteurs défendent l’intégrité de cette source unique d’eau pendant que dans les champs, les bêtes piétinent les cultures. Le ton monte, les mots sonnent plus haut que de coutume. Et les gestes suivent”, assure Amina, la jeune femme chargée d’encaisser la modeste contribution de ceux qui viennet chercher l’eau du forage.


Alors, ce qui aurait pu rester une simple question de ressource devient une fracture communautaire profonde, difficile à refermer. C’était cela Baparapeï jusqu’au moment où vint le projet COSO en appui à la communauté. Un forage agro-pastoral à usage multiple est réalisé. Un magnifique forage agro-pastoral pour dire que cet ouvrage n’est pas érigé pour les uns contre les autres. A en croire Mohamed, un éleveur qui a conduit un troupeau de plus 300 boeufs au forage, “ce forage est fait pour tous : les agriculteurs et leurs familles, les éleveurs et leurs troupeaux, les femmes et leurs enfants”. Une eau partagée, un point d’eau commun, un espace neutre où les uns et les autres se retrouvent sans se disputer.
C’est alors qu’autour du forage, les tensions se sont apaisées. Les regards se sont adoucis, les voisins qui s’évitaient, se saluent à nouveau. Les éleveurs qui contournaient le village pour abreuver leurs bêtes passent désormais par le point d’eau commun, sans friction et sans affrontement. Les agriculteurs qui gardaient jalousement leurs puits partagent maintenant un espace conçu pour accueillir tout le monde. L’eau a triomphé là où les réunions de réconciliation avaient échoué. Elle a créé un lieu de rencontre, un prétexte à la coexistence, un espace où l’on se croise, où l’on s’habitue à la présence de l’autre, où la méfiance laisse peu à peu place à la familiarité. Ce forage de la cohésion, comme beaucoup d’autres ne pompe pas seulement de l’eau. Il irrigue le vivre-ensemble et renoue des liens sociaux que la pénurie avait défaits. À Baparapeï, COSO vient d’en faire la preuve, l’eau unit.

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