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COSO-Bénin : les femmes, tisserandes du lien et moteur de la cohésion sociale.

Dans la quête d’un développement durable et inclusif, une approche résolument ancrée au Bénin et dans la sous-région produit d’excellents résultats : le Développement Conduit par les Communautés (DCC). Cette démarche de mise en œuvre du projet COSO place les populations locales au centre des décisions, de la planification et de la mise en œuvre de sous-projets qui les concernent. Au cœur de ces dynamiques communautaires, des femmes jouent un rôle souvent silencieux, peu valorisé et pourtant si indispensable. Leur contribution dépasse largement la simple participation. Elles sont les moteurs d’un mouvement de transformation sociale qui apaise les tensions et induit une prospérité communautaire partagée….

Dans de nombreuses communautés d’intervention du projet COSO, sous la houlette du Haut-commissaire à la Sédentarisation des Éleveurs, les femmes occupent des positions charnières et exercent un leadership avéré dans les organes de gestion des Associations de Développement de Villages ou de Quartiers (ADV/ADQ). Dans les départements de l’Atacora et de la Donga, pas moins de 60 Associations de Développement Villageoises (ADV) sont présidées par des femmes dans 11 communes. La communes de Boukombé bat le record avec 19 ADV pilotées par des femmes. Cette commune de l’Atacora est suivie de Bassila. Ici, 12 communautés d’intervention du projet sont conduites par des femmes. Dans la commune de N’dali, arrondissement de Ouénou, l’ADV de Pouraparé est présidée par Alice N’TCHA, une femme, dont le dynamisme, la maîtrise de l’approche et la capacité de mobilisation ont été l’un des gages de réussite du sous-projet initié par cette communauté. Dans de nombreux autres villages, elles assument la charge de trésorière. Les groupements d’intérêt économique (GIE) initiateurs d’activités génératrices de revenus appuyés par le projet sont majoritairement constitués de femmes transformatrices de sésame, de néré, d’arachides, de karité ou de soja. En travaillant ensemble pour un objectif commun tel que la commercialisation de leur récolte ou des produits transformés par leur soin, ces femmes établissent des rapports économiques qui renforcent les liens sociaux. La réussite collective devient une fierté partagée qui soude la communauté. Cette position leur confère un rôle unique dans la mobilisation de la communauté, la préservation de l’harmonie et la cohésion sociale dans les initiatives de développement.

L’efficacité de ces dames réside également dans leur capacité à nourrir des réseaux informels de micro-solidarité, de proximité agissante et d’entraide. Ces réseaux souvent invisibles dans les statistiques constituent le socle de la confiance au sein des communautés. Qu’il s’agisse de leur implication dans les processus de gestion de l’eau, l’utilisation d’un moulin collectif, la gestion d’un GIE, la gestion des réserves ou des banques de céréales, ces femmes sont souvent aux avant-postes. On les retrouve souvent en majorité dans les comités de gestion, où elles sont jugées plus efficaces, plus intègres, plus disponibles et plus équitables. L’intégration de ces femmes de manière significative dans la mise en œuvre d’idées de sous-projet en contexte de DCC, en fait, bien plus que de simples bénéficiaires, des actrices du changement.

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